L'Effet Twittillon, ou comment l'oiseau de Twitter se révèle être un papillon
John Maeda, qu'on ne présente plus dans le monde du design et qui est l'actuel président de la qui-donne-envie Rhode Island School of Design (RISD), publie aujourd'hui même sur le blog de l'école un billet fort intéressant dont le titre est totalement intraduisible : The Twitterfly Effect. Joli mot d'esprit fabriqué à partir de l'anglais The Butterfly Effect, bien connu en français sous le nom de L'Effet Papillon.
So the proverbial flap of the butterfly’s wings can now travel through the social mediasphere in true realtime — in the past, the other half of the world could go to sleep and take a break. Now that is no longer the case. (John MAEDA)
De quoi s'agit-il ? L'Effet Papillon est une métaphore théorique issue de la physique, et plus particulièrement de la théorie du chaos selon laquelle, en raison du phénomène fondamental de sensibilité aux conditions initiales, le simple battement d'ailes d'un papillon dans une région du monde peut déclencher une tornade à l'autre bout du monde. On doit cette métaphore au météorologue Edward Lorenz, lors d'une conférence donnée en 1972 à l'American Association for the Advancement of Science intitulée : « Prédictibilité : le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? ».
Quel rapport avec Twitter ? C'est très simple : un gazouillis sur Twitter — un tweet, quoi —, c'est comme un battement d'ailes. C'est léger, c'est rapide, ça ne fait que 140 caractères et ça traverse les océans et les frontières en une seule seconde. Ça part de la Tunisie, ça va en Égypte, ça continue en Lybie, et on ne sait pas où ça va s'arrêter. Ces battements de caractères, ça ne déclenche pas des tornades. Ça déclenche des révolutions. Bienvenue dans L'Effet Twittillon, une traduction originale dont l'idée m'est venue dès que j'ai lu le tweet de John Maeda. Car le présent billet est aussi le résultat d'un effet Twittillon. Un battement de caractères de John Maeda à Rhode Island déclenche en quelques minutes à peine ce billet de blog à Paris. Lequel est reproduit sur Twitter et sur Facebook dès sa publication.
L'article de John Maeda est centré sur la formation des jeunes designers, dont les ambitions doivent être à la hauteur de ce nouveau monde dans lequel la stabilité traditionnelle des institutions et des apprentissages change à tout moment en fonction d'événements mondialisés se produisant en temps réel.
Mais, au-delà de la formation des designers, ce que propose John Maeda dans cet article, c'est une métaphore très puissante et très éloquente pour décrire les nouveaux flux à partir desquels notre monde va désormais se construire. Et ça va tout changer. Bienvenue dans L'Effet Twittillon.
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