13 6 / 2014

Quand j’étais professeur de philosophie en classes terminales, je choisissais chaque année la section II du Malaise dans la culture de Freud pour l’étude suivie d’une œuvre. De toute ma vie, je n’ai jamais rien lu d’aussi juste sur le bonheur. Ce passage est revenu à mon souvenir ces derniers jours. Je vous le cite, bien que rien ne vaut de lire l’intégralité de la section II : 

Ce qu’on appelle bonheur au sens le plus strict découle de la satisfaction plutôt subite de besoins fortement mis en stase et, d’après sa nature, n’est possible que comme phénomène épisodique. Toute persistance d’une situation désirée par le principe de plaisir ne donne qu’un sentiment d’aise assez tiède ; nos dispositifs sont tels que nous ne pouvons jouir intensément que de ce qui est contraste, et nous ne pouvons jouir que très peu de ce qui est état.

Quand j’étais professeur de philosophie en classes terminales, je choisissais chaque année la section II du Malaise dans la culture de Freud pour l’étude suivie d’une œuvre. De toute ma vie, je n’ai jamais rien lu d’aussi juste sur le bonheur. Ce passage est revenu à mon souvenir ces derniers jours. Je vous le cite, bien que rien ne vaut de lire l’intégralité de la section II : 

Ce qu’on appelle bonheur au sens le plus strict découle de la satisfaction plutôt subite de besoins fortement mis en stase et, d’après sa nature, n’est possible que comme phénomène épisodique. Toute persistance d’une situation désirée par le principe de plaisir ne donne qu’un sentiment d’aise assez tiède ; nos dispositifs sont tels que nous ne pouvons jouir intensément que de ce qui est contraste, et nous ne pouvons jouir que très peu de ce qui est état.

09 6 / 2014

Je fais de la phénoménologie (du moins, la mienne) car je considère que toute expérience du monde est fondamentalement indissociable du vécu qu’en a le sujet (Husserl, Freud). Être, c’est être perçu (Berkeley). Je considère que l’objectivité, au sens strict, n’a aucune existence absolue. Son existence est seulement relative, elle est celle d’une fiction méthodologique (réelle et utile), celle qui ordonne la science, au sein de laquelle il faut encore prendre en compte le sujet de cette dernière (Bachelard, Lacan) car l’objectivité en science est toujours factice, au sens noble de fabriquée (grâce à un protocole méthodologique très précis). C’est pourquoi je considère qu’on comprend toujours beaucoup mieux les choses (quelles qu’elles soient) quand on les envisage à partir des sujets plutôt qu’à partir des objets. Aussi, quand j’écris, j’emploie le “Je”. Car pour “moi”, l’objet de l’énonciation a autant de sens pour l’énoncé que le sujet de celle-ci. Et je n’essaie pas de me faire croire le contraire.

04 6 / 2014

Zut. Encore un TGV Christian Lacroix. Une seule place, deux numéros de siège. Le délire continue. En effet, malgré le fait que l’un des numéros est allumé, le positionnement entre les rangées est tel qu’il est impossible de savoir si le siège 22 est celui de gauche ou de droite. En l’occurrence, sur cette photo, ma place (no. 22) est à droite alors que le no. 22 est quasiment dans mon dos. J’ai dû compter les rangées pour être sûr…

Zut. Encore un TGV Christian Lacroix. Une seule place, deux numéros de siège. Le délire continue. En effet, malgré le fait que l’un des numéros est allumé, le positionnement entre les rangées est tel qu’il est impossible de savoir si le siège 22 est celui de gauche ou de droite. En l’occurrence, sur cette photo, ma place (no. 22) est à droite alors que le no. 22 est quasiment dans mon dos. J’ai dû compter les rangées pour être sûr…

04 6 / 2014

Cherche avec moi la poubelle de ton siège 1ère classe dans un TGV Christian Lacroix. Vois pas. Sauf la signalétique qui en tient lieu. Une étiquette pour “dire” une poubelle au lieu d’une poubelle pour “faire” une poubelle. Note que l’étiquette est judicieusement placée là où tu t’attends justement à trouver la poubelle introuvable et qu’elle sert à t’informer qu’elle n’est justement pas là… Amis sémioticiens, comment appelle-t-on un gag pareil ? Jamais vu aussi peu d’affordances dans un produit industriel de cette ampleur. Résultat : je n’ai pas trouvé quoi faire de mes déchets, vive le développement durable. Toutefois, soyons magnanimes, si on regarde dans le sens de la flèche dessinée sur cette étiquette (sic !!), on aperçoit une cavité minuscule entièrement ouverte, sans couvercle et sans fond, dans laquelle on n’oserait pas mettre une peau de banane qui pue la banane. Peut-être que c’est la poubelle. Merci Christian Lacroix.

02 6 / 2014

La déconnexion n’est stupide que lorsqu’elle est totale et durable, comme dans l’expérience malheureuse de Paul Miller (dont j’avais déjà parlé ici), qui fait écho à la grande mode de la détox du Web, dans laquelle on peut être tenté de voir, en suivant Nathan Jurgenson (The Disconnectionists), une tendance hygiéniste à envisager la connexion comme une maladie.
Du reste, la déconnexion totale et durable est rare, sans compter qu’elle est désormais impossible. La déconnexion temporaire, en revanche, semble de plus en plus devenir une nécessité psychologique et sociale, comme le souligne une excellente étude récente sur les déconnectés volontaires. « Il s’agit, par exemple, de mettre son téléphone portable sur silencieux, de laisser son ordinateur portable au bureau, de prendre un café sans son téléphone, ou encore de décider de ne pas relever ses mails le temps d’un week-end. », explique-t-on. « Ce sont des petites déconnexions non spectaculaires, dont on ne parle pas dans les médias […]. Mais elles renvoient à la défense d’un temps à soi, à la préservation de ses propres rythmes dans un monde poussant à l’accélération ».
Moi, depuis peu, j’utilise le mode Avion de mon iPhone, pendant une demi-journée, par exemple, pour ne pas être déconcentré. Un soulagement.

La déconnexion n’est stupide que lorsqu’elle est totale et durable, comme dans l’expérience malheureuse de Paul Miller (dont j’avais déjà parlé ici), qui fait écho à la grande mode de la détox du Web, dans laquelle on peut être tenté de voir, en suivant Nathan Jurgenson (The Disconnectionists), une tendance hygiéniste à envisager la connexion comme une maladie.

Du reste, la déconnexion totale et durable est rare, sans compter qu’elle est désormais impossible. La déconnexion temporaire, en revanche, semble de plus en plus devenir une nécessité psychologique et sociale, comme le souligne une excellente étude récente sur les déconnectés volontaires. « Il s’agit, par exemple, de mettre son téléphone portable sur silencieux, de laisser son ordinateur portable au bureau, de prendre un café sans son téléphone, ou encore de décider de ne pas relever ses mails le temps d’un week-end. », explique-t-on. « Ce sont des petites déconnexions non spectaculaires, dont on ne parle pas dans les médias […]. Mais elles renvoient à la défense d’un temps à soi, à la préservation de ses propres rythmes dans un monde poussant à l’accélération ».

Moi, depuis peu, j’utilise le mode Avion de mon iPhone, pendant une demi-journée, par exemple, pour ne pas être déconcentré. Un soulagement.

29 5 / 2014

À peine remis du Gala de l’Université de Nîmes, où l’on a pu danser hier soir avec des hipsters nîmois, voilà que La Gazette de Nîmes publie ce matin une double page qui met le design à l’honneur. Avignon mise sur le théâtre, Arles mise sur la photo, Nîmes doit miser sur le design. C’est ce que nous défendons à l’Université de Nîmes grâce à Alain Findeli et Emmanuel Roux. La Gazette en parle. N° 782, du 29 mai au 4 juin, pages 22-23. 

À peine remis du Gala de l’Université de Nîmes, où l’on a pu danser hier soir avec des hipsters nîmois, voilà que La Gazette de Nîmes publie ce matin une double page qui met le design à l’honneur. Avignon mise sur le théâtre, Arles mise sur la photo, Nîmes doit miser sur le design. C’est ce que nous défendons à l’Université de Nîmes grâce à Alain Findeli et Emmanuel Roux. La Gazette en parle. N° 782, du 29 mai au 4 juin, pages 22-23. 

13 5 / 2014

Cela s’est passé en gare de Valence ville, ce matin. Terminus de mon train, correspondance pour Lyon Saint Exupéry. En descendant du wagon, j’oublie ma sacoche, celle qui contient mon MacBook Air, mon iPad, mon disque dur, et j’en passe. Je m’en rends compte hors de la gare, alors que je suis en train de prendre une photo de la ville, postée sur Facebook. Je cours en arrière jusqu’au train, toujours là, jusqu’à mon siège. Plus rien. Je cours à l’assistance voyageurs. Personne n’a rien rapporté. Sur mon iPhone, l’application “Localiser mon iPhone” me montre sur une carte mon iPad, qui s’éloigne du centre ville en temps réel. Je cours au commissariat, choisissant de rater mon avion et mon colloque pour privilégier la moindre chance de récupérer mon ordi, mes données, ma vie. Vingt mètres avant d’entrer dans le commissariat, je reçois un appel d’un mobile inconnu. Une jeune file prétend m’avoir déjà appelé plusieurs fois et me propose de me restituer intégralement la sacoche. Nous nous retrouvons à la gare. Dans la sacoche, tout est en vrac, mais tout y est. Même les bonbons. Mais le TGV pour l’aéroport de Lyon Saint Exupéry est déjà parti. Je monte alors dans un taxi qui, moyennant 200 EUR, m’y conduit en à peine 1h15, à une vitesse que je ne mentionnerai pas. L’embarquement vient de se terminer il y a 4 minutes. Je n’ai pas de bagage de soute, l’embarquement rouvre pour moi. Je décolle à l’heure. Je suis maintenant à Montréal. Je l’ai échappé belle. La leçon de l’histoire ? Je transfère tout dans le Cloud dès demain. C’est définitif. Plus rien en local. Même ce qui est sensible.

Cela s’est passé en gare de Valence ville, ce matin. Terminus de mon train, correspondance pour Lyon Saint Exupéry. En descendant du wagon, j’oublie ma sacoche, celle qui contient mon MacBook Air, mon iPad, mon disque dur, et j’en passe. Je m’en rends compte hors de la gare, alors que je suis en train de prendre une photo de la ville, postée sur Facebook. Je cours en arrière jusqu’au train, toujours là, jusqu’à mon siège. Plus rien. Je cours à l’assistance voyageurs. Personne n’a rien rapporté. Sur mon iPhone, l’application “Localiser mon iPhone” me montre sur une carte mon iPad, qui s’éloigne du centre ville en temps réel. Je cours au commissariat, choisissant de rater mon avion et mon colloque pour privilégier la moindre chance de récupérer mon ordi, mes données, ma vie. Vingt mètres avant d’entrer dans le commissariat, je reçois un appel d’un mobile inconnu. Une jeune file prétend m’avoir déjà appelé plusieurs fois et me propose de me restituer intégralement la sacoche. Nous nous retrouvons à la gare. Dans la sacoche, tout est en vrac, mais tout y est. Même les bonbons. Mais le TGV pour l’aéroport de Lyon Saint Exupéry est déjà parti. Je monte alors dans un taxi qui, moyennant 200 EUR, m’y conduit en à peine 1h15, à une vitesse que je ne mentionnerai pas. L’embarquement vient de se terminer il y a 4 minutes. Je n’ai pas de bagage de soute, l’embarquement rouvre pour moi. Je décolle à l’heure. Je suis maintenant à Montréal. Je l’ai échappé belle. La leçon de l’histoire ? Je transfère tout dans le Cloud dès demain. C’est définitif. Plus rien en local. Même ce qui est sensible.

04 5 / 2014

La vidéo de ma présentation avec Neal Stimler à la conférence Theorizing the Web, à New York, le samedi 26 avril 2014 entre 10h00 et 11h15 (heure de New York), soit entre 16h00 et 17h15 (heure de Paris) intitulée « Le monisme numérique : notre mode d’être au monde au carrefour de la vie, des médias numériques et de l’art » (Digital Monism: Our Mode of Being At The Nexus of Life, Digital Media and Art). Cette communication intervenait dans le panel « Reality Bytes: Beyond On/Offline » qui traitait du dépassement de la frontière entre le « en-ligne » et le « hors-ligne » (hashtag officiel : #TtW14 #c4). Cela commence à 13’50. Voir aussi les slides : 

01 5 / 2014

Cinq ans déjà pour ces nouveaux aménagements intérieurs du TGV signés Christian Lacroix et sans aucun sens du design centré sur l’utilisateur. Il faut littéralement se pencher sur la tête des gens pour arriver à lire le numéro de son siège coincé au centre, voire au bord de la fenêtre ! L’orientation dans l’espace du wagon n’est plus possible depuis l’allée centrale mais seulement depuis le centre ou le bord opposé des sièges, où les numéros sont orientés vers le plafond ! Une atteinte au bon sens expérimental digne d’un artiste. Je plains les enfants et les personnes de petite taille. “Le TGV est design avec Christian Lacroix”, “Voyager avec style”, dit le site de la SNCF. Design = Style ? Une belle négation de l’héritage de Roger Tallon. #flop

Cinq ans déjà pour ces nouveaux aménagements intérieurs du TGV signés Christian Lacroix et sans aucun sens du design centré sur l’utilisateur. Il faut littéralement se pencher sur la tête des gens pour arriver à lire le numéro de son siège coincé au centre, voire au bord de la fenêtre ! L’orientation dans l’espace du wagon n’est plus possible depuis l’allée centrale mais seulement depuis le centre ou le bord opposé des sièges, où les numéros sont orientés vers le plafond ! Une atteinte au bon sens expérimental digne d’un artiste. Je plains les enfants et les personnes de petite taille. “Le TGV est design avec Christian Lacroix”, “Voyager avec style”, dit le site de la SNCF. Design = Style ? Une belle négation de l’héritage de Roger Tallon. #flop

03 1 / 2014

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Il y a parfois dans la presse des éclats de lumière. Après l’enquête géniale de Laure Belot intitulée Les élites débordées par le numérique, dont je partage à titre personnel l’intégralité des analyses, voici le dernier papier de Frédéric Joignot sur L’amitié à l’épreuve de Facebook, riche, subtil, documenté, qui instruit autant qu’il éduque. Tous deux publiés sur LeMonde.fr. Certes, je suis cité dans l’un des deux. Mais ce n’est pas pour cela que je souhaite partager avec vous les réflexions qu’ils m’inspirent.

Mon émotion est tout autre et sincère : j’ai rarement été autant en phase avec ce que des journalistes peuvent écrire sur le numérique. Je lis la plupart du temps beaucoup de bêtises dans la presse sur ce sujet. Mais là, non seulement le travail d’enquête est proche d’un travail de qualité universitaire, mais surtout j’ai bien peur que de nombreux universitaires soient encore loin d’avoir compris tout cela…

En lisant ces articles, on voit très bien à quel point les modèles anciens ne permettent plus du tout de comprendre le monde dans lequel nous vivons. La veille garde philosophique, repliée sur un savoir brillant qui n’a pas été mis à jour, est complètement dépassée. On la reconnaît en général à ceci : elle critique l’amitié en ligne, elle s’oppose aux MOOCs, elle ne comprend pas la démocratie Internet, elle a peur des écrans, elle croit au droit d’auteur, elle n’a jamais mis les pieds dans un atelier de design et d’innovation, n’a jamais écrit une ligne de code, et j’en passe. 

Jamais je n’aurais cru que mes maîtres seraient si vite dépassés. Tous ces gens que j’ai admirés quand j’étais étudiant et que je vois aujourd’hui, en fin de carrière, tenir des propos conservateurs, voire rétrogrades (pas tous, heureusement). Qu’ils ont l’air vieux. Ils nous feraient presque nous sentir seuls, nous qui essayons de comprendre le monde d’aujourd’hui, s’il n’y avait quelques bons esprits (parfois plus vieux qu’eux mais autrement plus vivants) pour nous accompagner, comme Michel Serres, Pierre Lévy, Serge Tisseron, Milad Doueihi ou Bernard Stiegler. 

Rien de ce que j’ai appris ne fonctionne dans le monde d’aujourd’hui. Je le dis. Je peine moi-même à le croire, tant c’est vrai. Je suis né avant le numérique, et je vis dans le numérique. Tout est à refaire. Le travail, l’amour, l’amitié, la culture. Et la tâche est immense, autant que passionnante. Cela me rappelle la situation dans laquelle se trouvait Descartes au début du XVIIe siècle. Rien de ce qu’il avait appris ne lui semblait utile pour bâtir les fondements de la science moderne. Souvenez-vous :

Il y a déjà quelque temps que je me suis aperçu que, dès mes premières années, j’avais reçu quantité de fausses opinions pour véritables, et que ce que j’ai depuis fondé sur des principes si mal assurés, ne pouvait être que fort douteux et incertain ; de façon qu’il me fallait entreprendre sérieusement une fois en ma vie de me défaire de toutes les opinions que j’avais reçues jusques alors en ma créance, et commencer tout de nouveau dès les fondements, si je voulais établir quelque chose de ferme et de constant dans les sciences. (Première Méditation) 

Je crois que nous pourrions presque dire la même chose aujourd’hui, à condition de remplacer la dernière ligne par "si je voulais établir quelque chose de clair et pertinent au sujet du numérique". Si Descartes vivait aujourd’hui, il serait le plus geek d’entre nous et animerait des MOOCs (tweet).

Alors, quoi ? Tabula rasa ? Le moment est peut-être venu de consentir à changer de monde. Il y a tant de choses nouvelles que l’on ne comprend pas si on leur applique des modèles anciens. Nietzsche nous avait déjà mis en garde contre l’excès des études historiques. "L’historien voit en arrière, il finit par croire en arrière" (Seconde Considération inactuelle). Il est encore temps de rompre. De rompre avec le Vieux Monde. De faire renaître la philosophie. Celle qui pense au présent.

Très belle année 2014.

04 12 / 2013

Nous l’attendions depuis des semaines. Ça y est. La plus hipster des conférences sur le numérique vient de lancer son appel à communication. Après l’édition 2013 (#TtW13) à la City University of New York, à laquelle j’ai eu la joie de participer (mon compte rendu), l’édition 2014 de “Theorizing the Web” (#TtW14) se tiendra dans un entrepôt de Brooklyn en vue de moderniser les moeurs et les normes académiques. On ne pouvait pas demander mieux. Voici l’appel à communication.

theorizingtheweb:

#TtW14
April 25th & 26th
287 Kent Ave, Brooklyn, NY 11211

Abstract Submission Deadline: January 19th

What does it mean that digital technologies are increasingly a part of everyday life? We begin with such a broad question because, though the relationship between society and digital technologies is profound, we are only just beginning to make sense of their entanglement. Our understanding is limited, in part, because so much thinking about the Web is rooted in empirical analyses too disconnected from theory, from questions of power and social justice, and from public discourse. We need new priorities in our conversations about the Web.

We invite you to propose a presentation for the fourth annual Theorizing the Web, which—by popular demand—is now a two-day event. Theorizing the Web is both inter- and non-disciplinary, as we consider insights from academics, non-academics, and non-“tech theorists” alike to be equally valuable in conceptualizing the Web and its relation to the world. In this spirit, we’ve moved the event away from conventional institutional spaces and into a warehouse. We have some plans for how to use this space to help rethink conference norms (and also to have some extra fun with this year’s event). 

We are looking for contributions that advance clear theoretical arguments; represent a diverse range of perspectives; embrace accessibility by demystifying jargon rather than using it as a crutch; and which, importantly, appeal to concerns of power, social (in)equality, and justice—themes that will also be emphasized in a keynote panel on race and social media. Some specific topics we’ll be looking for include (but are not limited to):

  • Race, racism, ethnicity
  • Sex, sex work, sexuality
  • Gender
  • Embodiment, cyborgism, post-humanism
  • The self, subjectivity, identity, affect
  • Privacy/publicity
  • Surveillance, drones, the NSA
  • Protest, social movements, revolution
  • Capitalism, rationalization, exploitation, Silicon Valley
  • Hate, harassment, trolling, the “anti-social” web
  • Disconnection, unplugging, loneliness, anomie
  • News, journalism, knowledge, algorithms/filters
  • Virality, memes, the sharing/attention economy
  • Photography, video, GIFs, art
  • Music, music production, the music industry
  • Fiction, speculative fiction, scifi, futurism, literature
  • Games, gamification, game culture theory, video/board/role-playing games
  • Intersections of gender, race, class, age, sexual orientation, disability, and other forms of inequality (taken separately or woven into any of the above)

Enjoy!

13 9 / 2013

La réponse du Tumblr new-yorkais Txchnologist, un magazine en ligne sponsorisé par General Electrics, se fonde sur L’être et l’écran.

txchnologist:

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by Ysabel Yates

A viral YouTube video, “I Forgot My Phone,” has a clear message: The ever-present smartphone is ruining “the moment.” The video shows smartphone users interrupting a birthday celebration, a wedding proposal and other special occasions. It has garnered more than 22 million views so far.

The message has sparked a national conversation, and, to quote the New York Times, “may have landed at one of those cultural moments when people start questioning if something has gone too far and start doing something about it.”

Two worlds or one?

Whether or not you’re a smartphone user, chances are pretty good that you come into contact with the scenarios presented in the video or similar ones everyday. We are at a moment when “capturing the moment” is part of living in the moment. Paradoxically, these two types of action are irreconcilable, at least in the eyes of Charlene deGuzman, the actress who conceived the video.

Stéphane Vial, a philosophy professor at the University of Nimes in France and author of a new book called “Being and Screen: How the Digital Changes Perception,” has another take on the duality between the digital and the nondigital worlds. He believes that neither exists.

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